Après les températures fraîches de Bromo, nous redescendîmes et retrouvâmes la chaleur des plateaux (qu'est-ce que je déteste le passé simple).
En chemin, on s'arrêta prendre 4 horribles polonaises, qu'on a du se coltiner pour cette visite. Pas de chance jusque-là, niveau rencontres, pas d'australiennes en vue.
On arriva à la guesthouse la veille de l'excursion en fin d'après-midi. Pendant que Jérémie et Monica testaient les sources thermales, je rédigeais mes notes assis avec une bonne bière ou deux...ou trois.


Dernière visite touristique avant de rejoindre Bali. Dernier stop obligatoire : le lac turquoise de souffre de Kawah Ijen. Après un énième départ aux aurores - décidemment je ne m'y ferai jamais - nous arrivons à l'entrée du parc national.
Le panneau indiquait "Kawah Ijen : 3km". Facile ! J'ai parlé trop vite.

2h de montée et 2 km de dénivelé. En chemin, on croisait les porteurs de souffre. Des hommes qui portaient sur leurs épaules des énormes tas de pierres jaunes. Incroyable !


On arrivait à peine, Jérémie et moi, à les porter bouts de bras.
Après 2h de montée, on atteignit enfin le sommet du cratère qu'il nous fallait maintenant redescendre à travers un chemin sinueux, escarpé, escaladant les rochers pour arriver à la base.



Une épaisse brume masquait le lac. Au fur et à mesure que nous descendions, on aperçevait le lac vert plus distinctement. La fumée commençait à piquer les yeux et le nez et d'en haut, on voyait les porteurs qui dessinaient le chemin qu'il nous restait à parcourir. De gros nuages de fumée de souffre s'évadaient à toute allure de la terre où les porteurs arrivaient pour piquer le sol avec un baton de fer et charger leurs sacs.
Tout en bas, en fonction du vent, l'air était devenu irrespirable. On se retrouvait alors au milieu d'une tempête de souffre, ne distinguant plus rien à moins de 2m. La sensation était surprenante, excitante et horrible à la fois. On toussait fort, les yeux piquaient, le nez était pris. Impossible de respirer. Ma gorge me brûlait de l'intérieur. On pensait tous qu'on allait mourrir (une fois de plus, lol). Il n'y avait aucun moyen d'éviter ça.





Au bout de quelques minutes, le nuage changeait de direction et on pouvait respirer convenablement en faisant attention de ne plus se laisser piéger par le vent. Le chemin pour descendre à la source est assez dangereux. On s'appuie sur des rochers pour se stabiliser et éviter de tomber. Le conducteur de bus nous avait raconté qu'un adulte était mort récemment, un français.
A chaque fois qu'on nous raconte des anecdotes horribles, il s'agissait toujours de français. Lol ! Les abeilles à Kadidiri (je ne vous ai pas raconté ? j'y reviendrai à la fin du billet), un adulte à Kawah Ijen, un enfant mangé par des varans sur l'île de Komodo...

La descente au centre du cratère est dangereuse

Le chemin sineux vers le lac

La fumée de souffre

Jérémie et Monica emprisonnés dans un nuage de souffre

Les porteurs qui récoltent le souffre

Ils sont où ?








On voyait les porteurs apparaitre et disparaitre au plus près de la source. C'était impressionnant de se dire qu'ils devaient rester sous cette fumée pendant plusieurs minutes, de devoir tout remonter et de redescendre sans jamais tomber. De les voir travailler dans ces conditions, ne portant qu'une simple paire de bottes, sans gants et sans protection.


En croisant plusieurs d'entre eux, je leur céda mes vieux gants en laine qu'ils me demandaient. On s'asseya quelques instants au bord du lac, récupérant les plus beaux morceaux de souffre que l'on trouvait.
Contemplation du lac

Le Petit Poucet
Puis, il nous fallait gravir le cratère et redescendre les 2km de dénivelé. A mi-parcours, on s'arrêta devant la cabane qui pèse et contrôle le poids des pierres portées par ces hommes : 65kg, 76kg, 72kg...
Un homme nous expliqua qu'ils travaillaient 7/7 jours, que les porteurs faisaient 2 allers-retours par jour. Qu'un aller-retour = 6h et que le poids des pierres variait entre 60 et 80kg. Stupéfiant !
Je redescendai, content de mon expérience de vie, unique, avec mes petites pierres jaunes...d'une valeur sentimentalement inestimable.


Bonus : l'histoire des français piqués par des abeilles à Kadidiri Islands.
Alors celle-là elle est bien bonne. C'est l'histoire d'un couple de français qui, la semaine précédant notre arrivée sur l'île, avaient décidé de partir explorer l'île à travers un petit chemin que leur avait suggéré notre moniteur de plongée.
Il leur avait pourtant bien spécifié de prendre le chemin de droite et pas delui de gauche à la bifurcation. Faut dire que traverser la jungle, petite soit-elle, ne fut pas forcément leur meilleure idée. Ils étaient 3 donc et voulaient longer l'île par ce chemin. Evidemment, ils prirent à gauche à la bifurcation et se retrouvèrent sous un nid d'abeilles. Les abeilles n'ayant pas l'habitude de croiser des touristes, encore moins des français, n'ont pas trop apprécié cette visite improvisée. C'est simple, elles se sont littéralement ruées dessus. Les 3 touristes se débattaient. Un seul a pu s'échapper et je ne sais pas ce qui lui a pris - je n'y étais pas mais bon - il s'est jeté à l'eau et a fait le tour de l'île pour prévenir la GH de leur venir en aide.
L'histoire se finit bien rassurez-vous, ils sont tous rentrés sains et sauf mais je pense qu'ils ont du bien morflé les jours suivants.